Cet article est directement inspiré du livre « Le bonheur désespérément », du philosophe André Comte-Sponville.
Objectif de la philo : « Penser mieux pour vivre mieux ».
Les philosophes s’accordent pour dire que tout être humain veut être heureux.
« Tout homme veut être heureux, y compris celui qui va se pendre. » Pascal.
 

Le bonheur : inaccessible ? 

Des grands philosophes tels que Platon, Pascal, Schopenhauer ou encore Sartre, pensent que le bonheur est toujours manqué.
Selon eux, même quand on aurait tout pour être heureux, nous ne le sommes pas vraiment.
Que nous manque t’il ? La sagesse.
Une sagesse de la vie quotidienne.
Savoir vivre.
« Il n’est science si ardue que de bien et naturellement savoir vivre cette vie. » Montaigne
Pourquoi le bonheur nous est-il inaccessible ?
Car le désir = manque => on désire ce qui nous manque (ce qu’on n’a pas ou ce qu’on n’est pas).
Dès qu’un désir est satisfait, il n’y a plus de manque, donc plus de désir.
Or, tant que le désir est manque, le bonheur est manqué.
Car dès lors que nous obtenons l’objet de nos désirs, nous ne le désirons plus, et donc ne nous apporte pas le bonheur.
« Toujours nous tournons dans le même cercle sans pouvoir en sortir. Tant que demeure éloigné l’objet de nos désirs, il nous semble supérieur à tout le reste ; est-il à nous, que nous désirons autre chose, et la même soif de la vie nous tient toujours en haleine. » Lucrèce
Quand je désire ce que je n’ai pas, c’est le manque, ce que Schopenhauer appelle la souffrance. Et quand le désir est satisfait, c’est l’ennui.
« La vie donc oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui ». Schopenhauer.

Triste « vérité » qu’exposent ces philosophes… 

Mais selon André Comte-Sponville (et que je rejoins totalement), une autre voie est possible.
Cette voie, c’est ce qu’appelle André C-S le « bonheur en acte ».

Le bonheur en acte 

Il s’agit de désirer ce qu’on a, ce qu’on fait, ce qui est.
C’est jouir et se réjouir.
C’est un bonheur désespéré, dans le sens « qui n’espère rien » (qui n’attend rien).
C’est cultiver la béatitude.
« Béatitude : le bonheur de celui qui n’a plus rien à espérer ». ACS.
Le bonheur n’est donc pas de posséder ce qu’on désire, mais de désirer ce que l’on a, ce que l’on est et ce qui est.
« Amor fati » dirait Nietzsche (l’amour de ce qui est).

Tu es parfaitement imparfaite

Eloge du désespoir 

« Je ne désire rien du passé. Je ne compte plus sur l’avenir. Le présent me suffit. Je suis un homme heureux, car j’ai renoncé au bonheur. » Jules Renard
Espérer c’est attendre, le bonheur commence quand on ne l’attend plus. 
Aimer ce qui est = Renoncer au bonheur = le secret du bonheur ?
ACS va dans ce sens : « Nous n’aurons de bonheur qu’à proportion du désespoir que nous serons capables de supporter, d’habiter, de traverser. Il s’agit du gai désespoir de celui qui n’a plus rien à espérer, parce qu’il a tout, parce que le présent lui suffit ou le comble. »
En résumé, le désespoir n’est pas le malheur, il est bien plus proche du bonheur. 
Le désespoir fait place nette pour le plaisir présent
Donc oui, il s’agit d’espérer moins, mais cela n’empêche pas d’agir pour transformer ce qui peut l’être :

mantra vivre ici maintenant tout simplement

Des lectures pour aller plus loin 

« Le bonheur désespérément », André Comte-Sponville.
« Traité du désespoir et de la béatitude », André Comte-Sponville. 

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